Soutenu par l'UTP pour son étape en France, le train de Noé s'achemine vers Bruxelles

Mercredi 6 Février 2019

Le train de Noé lors de son étape en France, à Paris, gare de l'Est, le 5 février 2019

Parlementaires français, représentants de l'Etat, des institutions européennes, des entreprises ferroviaires, des chargeurs, du gestionnaire d'infrastructure, etc. : une centaine de personnes ont assisté, le 5 février, à l'inauguration du Train de Noé. L'événement, parrainé notamment par l'UTP, s'est tenu en présence d'Elisabeth Borne, ministre des Transports et de Karima Delli, présidente de la commission Transports et Tourisme du Parlement européen.

Une centaine de personnes, représentant l'ensemble de la filière ferroviaire, ont assisté, le 5 février, à l'inauguration institutionnelle du train de Noé. Ce train de fret, pas tout à fait comme les autres, est né à l'initiative de Rail Freight Forward, coalition d'une quinzaine d’entreprises et d'associations de fret ferroviaire de toute l'Europe. 
Pour faire découvrir ou redécouvrir le fret ferroviaire et démontrer ses bénéfices en matière de développement durable, Rail Freight Forward a mis en service un train de transport de marchandises, qui, à chacun de ses arrêts, est décoré par des artistes de rue.

Le train de Noé fait une halte en gare de l'Est

Lancé à l'occasion de la 24e conférence de l'ONU sur le climat (COP 24) à Katowice en Pologne, le train de Noé est passé par Vienne, Berlin, Paris et finira son parcours à  Bruxelles.  A chaque arrêt, il a été le support d'artistes de rue renommés dans leurs pays, qui l'ont transformé en la plus longue œuvre d'art mobile au monde.
Pour son étape française, le train de Noé a pris place en gare de l'Est où le grand public a pu le découvrir le samedi 2 février avant son inauguration institutionnelle organisée deux jours plus tard, le 5 février.
L'événement s'est déroulé en deux parties. Il a commencé par des prises de parole  et, notamment, les interventions de Sylvie Charles, administratrice de l’UTP et directrice générale de SNCF Logistics, de Pascal Sainson, directeur général adjoint d'Europorte (groupe GetLink) ou encore de Jean Ghedira, directeur Clients et Services de SNCF Réseau

Le fret ferroviaire pour préserver le climat

A cette occasion, les orateurs ont rappelé quelques chiffres comparatifs avec le transport routier de marchandises :
- le rail, c'est 12 fois moins de coûts externes pour la société ;
- le rail  consomme 6 fois moins d’énergie ;
- il émet 9 fois moins de CO2  ;
- il fait 85 fois moins de victimes d'accidents.
Sylvie Charles a expliqué le contexte : " D'ici à 2030, le transport de marchandises devrait augmenter de 30 %, ce qui représente environ un million de camions supplémentaires sur les routes européennes au cours de la prochaine décennie. 
Cette option n'est pas soutenable si nous voulons préserver le climat. C'est pourquoi Rail Freight Forward  s'est engagée à participer à économiser jusqu'à 290 millions de tonnes d'émission de CO2 dues au transport d’ici à 2030
". 
Pour atteindre ces objectifs, Rail Freight Forward veut faire passer la part du rail dans le transport de marchandises de 18% à 30% d'ici à 2030, ce qui veut dire, a minima, doubler les volumes par rapport à ceux actuellement transportés par le train.
Les intervenants ont également évoqué la nécessité de mettre en place un cadre réglementaire transparent et solide et les mêmes "règles du jeu" pour les trains et les camions: coûts administratifs, accès aux infrastructures doivent être équitables entre la route et le rail ... ce qui n’est pas le cas aujourd'hui. 
Parmi les exemples cités à l'appui, les cadres réglementaires de l'Autriche et la Suisse, pays dans lesquels le fret ferroviaire représente respectivement 32%  et 37% du marché du transport de marchandises.A l'issue des prises de parole, intervenants et participants se sont rendus à la gare de l'Est pour admirer le train décoré de superbes dessins et peintures et assister à son départ pour Bruxelles. 

"Le fret ferroviaire, une chance pour notre planète" : un manifeste très clair

"Nous avons besoin d’une telle initiative. Elle rappelle à chacun toute la place que doit prendre le fret ferroviaire pour une logistique plus respectueuse de l’environnement", a souligné Elisabeth Borne, lors de son intervention.
La ministre des Transports a ensuite signé le manifeste "Le fret ferroviaire, une chance pour notre planète".  
Karima Delli, présidente de la commission Transports et Tourisme du parlement européen, Sylvie Charles, directrice générale de SNCF Logistics, Guillaume Pepy, président du directoire de SNCF, Gottfried Eymer,Pdg d'Euro Cargo Rail,  Pascal Sainson, directeur général adjoint d'Europorte (groupe GetLink). Pour l'UTP, c'est Claude Faucher, son délégué général,qui a apposé son paraphe. Tous les participants ont applaudi le départ du train vers Bruxelles.